Mon entreprise belge peut-elle expédier des pièces détachées vers la Turquie si l'utilisateur final pourrait figurer sur une liste de sanctions de l'UE ?

En Belgique
Dernière mise à jour : Mar 23, 2026
Nous exportons des pièces détachées industrielles depuis la Belgique et notre distributeur en Turquie ne peut pas confirmer clairement le client final. Je crains que l’utilisateur final puisse être une entité sanctionnée au titre des règles de l’UE et que nous puissions être tenus responsables. Quelles vérifications et quels documents devons‑nous obtenir avant l’expédition, et devons‑nous arrêter la commande ?

Réponse synthétique et professionnelle :

1. Risque immédiat et mesure provisoire
- Suspendre l’expédition tant que vous avez des doutes raisonnables sur l’identité de l’utilisateur final ou sur une possible destination finale contournant des restrictions. L’expédition en connaissance de cause d’un bien vers une entité sanctionnée ou en contournement de sanctions peut engager votre responsabilité pénale et civile.

2. Vérifications à effectuer avant toute reprise
- Identification et vérification du distributeur et du client final :
- Copie certifiée du registre de commerce (ou équivalent) du client final.
- Numéro de TVA intracommunautaire et justificatifs d’activité commerciale.
- Preuve de l’adresse et des coordonnées (facture/procès‑verbal/contrat).
- Vérification du bénéficiaire effectif (UBO) : registres d’actionnaires et informations sur les propriétaires finaux.
- Déclaration de l’utilisateur final / End‑User Statement :
- Déclaration signée précisant l’utilisation finale des biens, l’absence de transfert à des tiers, et l’interdiction de réexportation sans votre accord écrit.
- Contrat et conditions commerciales :
- Contrat de vente précisant l’acheteur final, les conditions d’exportation, responsabilités et clauses de conformité aux sanctions et contrôles d’exportation.
- Documents logistiques et financiers :
- Détails du transporteur/fret, voie d’acheminement, Incoterms, preuves de paiement et coordonnées bancaires (pour vérifier absence de liens avec entités sanctionnées).
- Classification des marchandises :
- Détermination si les pièces sont soumises aux règlements de contrôle des exportations (ex. biens à double usage). Obtenez le code tarifaire / classification export (CN / HS) et la classification de contrôle (liste de l’UE).
- Vérifications des listes de sanctions et des listes de personnes/entités interdites :
- Rechercher systématiquement sur les listes d’entités sanctionnées (UE, ONU, Royaume‑Uni, États‑Unis et autres listes pertinentes) et sur les listes de personnes détenues (PSE, denied parties lists).
- Vérifier aussi les listes nationales ou sectorielles applicables.
- Due diligence commerciale et de conformité accrue :
- Recherche d’antécédents commerciaux, relations entre le distributeur et le client final, et toute relation avec des juridictions à risque.
- Vérifier si l’acheminement final implique transbordements vers des pays tiers potentiellement sanctionnés.

3. Documents à obtenir et conserver
- End‑User Certificate / Statement signé et daté.
- Contrat d’achat/vente complet et bons de commande.
- Copies des certificats d’enregistrement / licences commerciales et UBO.
- Preuves d’examen des listes de sanctions (captures d’écran, rapports de screening).
- Correspondance écrite confirmant la destination finale et l’usage.
- Toute licence d’exportation délivrée par l’autorité compétente si requise.
- Dossiers de transport (connaissement, lettre de transport aérien) et preuves de livraison.

4. Licences et obligations légales
- Si les biens sont soumis au régime des biens à double usage ou à d’autres contrôles, vous pouvez devoir obtenir une licence d’exportation nationale/UE avant l’expédition.
- Même si les biens ne sont pas listés, l’existence de motifs raisonnables de soupçon peut vous obliger à demander une autorisation ou à refuser l’opération (obligation de « due diligence »).
- En cas de doute substantiel sur le statut de l’utilisateur final ou le contournement des mesures, informez l’autorité nationale compétente pour l’exportation et demandez conseil.

5. Recommandations pratiques
- Ne pas expédier tant que vous n’avez pas obtenu et vérifié :
- End‑User Statement signé, documents d’identification et résultats négatifs de screening sanctions.
- Clarification écrite et traçable sur la destination finale et l’usage.
- Mettre en place un processus interne de conformité : checklists, vérifications automatisées des listes, enregistrement des résultats.
- Consulter un conseiller juridique spécialisé en droit des sanctions et contrôle des exportations si vous avez des doutes substantiels.
- Si vous pensez avoir déjà expédié et découvrez une infraction, contactez immédiatement l’autorité nationale compétente et votre conseil juridique pour évaluer les mesures correctives et les obligations de déclaration.

6. Contacts d’assistance
- Adressez‑vous à l’autorité nationale compétente en matière de contrôle des exportations et sanctions pour la Belgique ou consultez un avocat/consultant en conformité spécialisé dans les sanctions internationales.

Conclusion
Exigez des preuves documentaires claires (end‑user statement, identification, preuves d’activité et screening négatif) et suspendez l’expédition tant que ces éléments ne sont pas obtenus et vérifiés. En cas de doute sérieux, demandez une licence ou l’avis de l’autorité compétente et consultez un conseil juridique spécialisé avant de poursuivre.

Réponses d'Avocats

Serka Law Firm

Serka Law Firm

Apr 4, 2026




Non, vous ne devez pas expédier tant que l'utilisateur final définitif n'est pas clairement identifié.


Du point de vue des sanctions de l'UE, le problème principal n'est pas la Turquie en elle‑même, mais de savoir si vos biens pourraient être rendus disponibles, directement ou indirectement, à une personne ou entité inscrite sur une liste de sanctions. Ce risque s'étend également à une société non inscrite qui serait détenue ou contrôlée par une partie sanctionnée. Ainsi, si votre distributeur turc ne peut pas clairement identifier le client final et l'utilisateur final, cela constitue déjà un signal d'alerte sérieux en matière de conformité.


Avant l'expédition, vous devez exiger un dossier de diligence raisonnable complet. Au minimum, celui‑ci doit inclure l'identité complète de l'utilisateur final, les informations d'enregistrement de la société, l'adresse, les renseignements sur les bénéficiaires effectifs, l'utilisation finale exacte des pièces détachées, le lieu d'installation, ainsi qu'un engagement écrit du distributeur précisant que les biens ne seront ni revendus, ni réexportés, ni fournis à un autre utilisateur sans votre approbation écrite préalable. Les documents commerciaux doivent également corroborer ces éléments, y compris le bon de commande, la facture, l'itinéraire de transport et le flux de paiement.


Vous devez vérifier non seulement le distributeur et l'utilisateur final déclaré, mais aussi leurs bénéficiaires effectifs, administrateurs et affiliés connus par rapport aux listes de sanctions de l'UE, et contrôler l'existence de tout lien de propriété ou de contrôle avec une personne inscrite. Si les biens sont à double usage, ou susceptibles d'avoir un usage final militaire sensible ou restreint, l'analyse devient plus stricte et une question d'autorisation peut se poser en vertu des règles de contrôle des exportations de l'UE.


En termes pratiques, l'approche prudente est la suivante : suspendre la commande jusqu'à ce que l'utilisateur final et l'utilisation finale soient entièrement vérifiés. Si le distributeur refuse la transparence, fournit des explications incohérentes ou ne peut pas appuyer la transaction par des documents clairs, l'expédition ne doit pas être effectuée. Une fois le dossier complet et le filtrage satisfaisant, la transaction peut être réévaluée et documentée avant l'envoi.





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